La Bolivie sucrée-salée

Mercredi 14 décembre:
C’est le début d’un tour de 3 jours dans le sud de la Bolivie. Nous partons de San Pedro de Atacama au nord du Chili. Un mini-bus nous amène à la frontière bolivienne tout près de là. Nous y passons bien une heure à faire la file. C’est surtout la sortie du Chili qui prendra du temps. Une fois le passage de frontière effectué, nous prenons notre petit-dej’ et faisons connaissance avec notre groupe. Nous sommes 11 en tout et nous divisons en 2 groupes de 5 et 6 dans chaque jeep. Nous sommes dans le groupe de 6. Notre guide/chauffeur s’appelle Severino et nos compagnons de voyage sont: un couple turco-chilien, Methin et Maria Paz et 2 jeunes et jolies suédoises, Emma et Amanda. Notre groupe s’entend vraiment bien et on rit beaucoup pendant la route. Notre guide ne parle qu’espagnol mais ça ne pose pas de problème. Son accent bolivien n’est pas très difficile à comprendre et nous avons Maria Paz qui peut se charger de la traduction quand ce n’est pas clair. En route, nous nous arrêterons à la Laguna Blanca, la Laguna Verde, la vallée de Dali (ainsi nommée car elle ressemble à une peinture de Dali), la Laguna Chalviry où nous profiterons des eaux thermales de Polques. Ensuite, arrêt aux geysers Sol de mañana (notre point le plus haut du séjour à plus de 5000m), avant de nous rendre à notre refuge pour le déjeuner. Au menu: saucisse-purée et bananes. Pour l’après-midi, notre guide nous emmène à la Laguna colorada où nous aurons tout le loisir d’admirer sa belle couleur rouge due à des algues qui servent aussi de nourriture aux nombreux flamands roses peuplant la lagune. Nous retournons ensuite nous reposer au refuge à 4900m d’altitude. Certains ressentent plus fortement que d’autres le mal de l’altitude, mais heureusement, au pire, ça se limitera à des maux de tête. Pour Laurent et moi, aucun soucis à part la sensation d’être essouflé au moindre effort.

Jeudi 15 décembre:
C’est une grosse journée au programme. Nous reprenons donc la jeep vers 7h. Nous passons un moment dans les rochers sculptés par le vent, le plus connu étant ‘El arbol de piedra’. Puis nous traversons le désert de Siloli. En chemin, nous nous arrêtons voir des vizcachas, de petits animaux vivant dans les rochers ressemblant à des lapins avec des queues d’écureuil. Nous faisons ensuite le tour de lagunes: Charcota, Honda, Hedionda, Cañapa. Elles sont toutes très peu profondes et on peut y voir beaucoup de flamands roses. La Laguna Honda se distingue par la réflection parfaite de la montagne dans l’eau. La Laguna Hedionda est appelée en anglais Stinky Lagoon, à cause de la forte quantité de soufre. Deux français ont voulu faire les malins sur cette lagune. Une grande partie est plus ou moins sèche et ils ont voulu aller voir les flamands roses depuis le milieu de la lagune malgré les signes STOP partout autour. Et histoire de gâcher les photos de tout le monde, ont couru pour les faire s’envoler. Autant vous dire qu’ils ont été maudits par tous les touristes qui étaient là. Ils se sont faits réprimander par leur guide évidemment. Et au moment de vouloir retourner sur le bord de la lagune, ils se sont retrouvés enfoncés jusqu’aux genoux dans la boue toxique. Ah, s’ils pouvaient avoir de jolies brulures sur leurs gambettes pour le reste de leur voyage, ça serait une bien belle punition. Enfin bon, au moins on est arrivés un peu avant eux, donc on a pu profiter du paysage et des oiseaux. Nous avons déjeuné près d’une autre lagune puis sommes allés voir le volcan Ollagüe depuis un mirador afin de voir la partie encore active du volcan. En effet, nous voyons de la fumée s’échapper du sommet. Pour le reste de la journée, notre guide nous annonce qu’il a pas mal plu ces derniers temps dans la région et qu’on ne pourra pas faire la route prévue et surtout qu’on ne pourra peut-être pas traverser le salar d’Uyuni le lendemain alors que c’est le clou du spectacle. Un peu déçus, nous continuons donc sur une route alternative. Nous nous arrêtons au village de San Juan de Rosario, voir des tombes pré-incas (vers le 12e siècle). Il s’agit en fait de coraux pétrifiés (on est à près de 4000m d’altitude, difficile d’imaginer que ça ait pu être le fond de l’océan) dans lesquels on a creusé et mis les corps de personnes importantes de la communauté. On voit les os encore en position foetale. Certains costumes sont encore bien conservés et les corps sont entourés d’objets pouvant servir au voyage dans l’au-delà (surtout des poteries pour ce qu’il reste). Il y a aussi un petit musée expliquant la vie dans la région à cette époque-là, l’arrivée des incas et comment les gens y vivent aujourd’hui. C’est vraiment très intéressant. Les gens de cette région vivent surtout de la culture du quinoa. On verra pendant tout le reste de notre trajet énormémént de cultures de quinoa, et aussi beaucoup de lamas, pour le plus grand bonheur de notre groupe. Après la visite du village, nous nous dirigeons vers notre hotel pour la nuit en bordure du salar. C’est un hotel de sel, les murs et tous les meubles sont faits en briques de sel. Celles-ci sont collées avec une sorte de pâte faite à base de sel. Le sol est recouvert de gros grains de sel. C’est sympa mais ça n’a rien de très extraordinaire. On attendra très longtemps notre repas. Il semblerait que la cuisine soit trop petite pour tout le monde logeant là ce soir-là. En récompense de notre patience, nous aurons droit à du vin bolivien pour accompagner notre repas! (pas terrible ceci dit, bizarrement sucré… mais ça fait plaisir :) )

Vendredi 16 décembre:
Encore un départ tôt le matin. Nous passons la journée sur le salar d’Uyuni. Nous commençons à rouler sur le sel. Cette grande mer blanche est magnifique. On s’arrête un première fois pour prendre des photos juste avant d’atteindre la partie inondée du salar. Un grand classique des photos sur le salar est la photo de perspective. On se régale. On en fera des dizaines. On continue la route. Le salar inondé offre aussi des vues magnifiques: les montagnes alentour et le ciel se reflètent dans l’eau parfaitement plate. Ça donne l’impression de flotter dans le ciel. C’est superbe. Finalement, on aura le meilleur des 2 saisons: les grandes étendues blanches de la saison sèche et l’effet miroir de la saison des pluies. Notre guide nous annonce après quelques heures que c’est peut-être le dernier jour de la saison où nous pourrons atteindre l’île Incahuasi au cœur du salar. En saison des pluies, celle-ci est inaccessible. Nous sommes ravis: pas de changement de programme donc pour aujourd’hui! On arrive sur l’ile. C’est juste un gros rocher au milieu de cette mer blanche mais il est entièrement recouvert de magnifiques cactus, certains de plus de 1000 ans. En haut de l’ile, on a une superbe vue à 360° du salar. Nous continuerons la route jusqu’au premier hôtel de sel à avoir été construit en plein milieu du salar. Mais à cause de la pollution qu’il causait, il ne peut plus recevoir personne et sert maintenant de musée. Il n’y a pas grand chose à y voir de plus que l’hôtel où nous avons passé la nuit. Tous les hôtels sont faits exactement de la même façon. Ce sont tous des copies de ce premier hôtel. Nous restons là pour le déjeuner, puis allons au village de Colchani. C’est la pause souvenirs. Le village n’a d’intérêt que pour son marché. En chemin, nous voyons des gens travailler à l’extraction du sel. Au village, on peut acheter de l’artisanat local, dont des petites statues en sel. Nous arrivons ensuite au bout de notre tour, à la ville d’Uyuni. La première approche est loin d’être idyllique. Uyuni est entourée d’une quantité impressionnante de déchets, on a l’impression de traverser une décharge à ciel ouvert. Il n’y a aucune gestion des déchets dans la ville. Les gens jettent leurs sacs dans la rue et le vent les emporte à l’extérieur de la ville. On fait un petit arrêt au cimetière de trains où de vieux trains, certains à vapeur, sont venus terminer leur vie. Le tour se termine au centre de la ville, étonnamment propre par rapport à ce qu’on a vu quelques minutes avant. Nous passons la nuit au Piedra Blanca Backpacker, chouette backpacker en centre ville, propre et avec un personnel très serviable. Le soir, nous dinons avec Maria Paz et Methin dans un petit resto pour gouter la viande de lama. C’est pas mauvais mais ça n’a rien de très extraordinaire.

Samedi 17 décembre:
A 10h, nous prenons le bus pour Potosi. Nous avons entendu beaucoup de choses horribles sur les bus et les routes en Bolivie. Nous sommes plutôt rassurés en voyant notre bus: il a l’air en bon état, le chauffeur n’est pas soul et nous partons à l’heure. Un grande partie de la route est de la piste et c’est vraiment très très lent. Mais bon, nous mettrons les 5h prévues pour arriver à Potosi sans aucun problème en route. La gare des bus de Potosi est située à 3km du centre. Même si nous n’aimons pas ça, nous n’avons pas d’autre choix que de prendre un taxi. Tout se passe bien et après avoir cherché un moment dans le centre, nous arrivons au Koala Den. Ils ont une jolie chambre pour nous dans leur annexe pour un prix raisonnable (100bol). Potosi est une jolie ville avec beaucoup d’églises aux façades colorées ou sculptées. C’était une des villes les plus grande du monde au début de l’exploitation de ses mines d’argent. Aujourd’hui les mines sont encore exploitées et se visitent. Nous décidons de ne pas le faire car nous doutons fortement du respect des consignes de sécurité dans ces mines, en plus du fait qu’on a l’impression que c’est du voyeurisme. Aller s’horrifier des conditions de travail des mineurs boliviens en allant les voir ne nous tentait pas. Nous faisons donc juste un tour en centre ville. Juste au moment où nous pensions que tout allait sur des roulettes, nous croisons un autre touriste qui devait prendre la route pour Sucre comme nous le lendemain. Il nous annonce que les routes seront bloquées car il y a des élections locales, donc aucun bus n’ira à Sucre. Bon, nous voilà donc coincés un jour de plus à Potosi. Ce n’est pas bien grave si ce n’est que nous avions réservé notre logement à Sucre. Ça nous donnera plus l’occasion de visiter Potosi. Le soir, nous allons au Koala Café manger: pour Laurent, un bon menu bien sympa avec crêpe jambon-fromage en entrée, soupe de légumes et quinoa, lasagne aux légumes et cake à la banane en dessert; pour moi ce sera hamburger de lama (j’y prends gout).

Dimanche 18 décembre:
C’est donc une petite journée tranquille que nous passons à Potosi. On se promène dans le centre, faisons quelques courses… Comme c’est dimanche, quasiment tout est fermé. Il faudra nous réhabituer à regarder la date en Amérique du Sud. Ici, on respecte la fermeture du dimanche et aussi l’heure de la sieste. Finis les supermarchés ouverts 24h/24 7j/7 de la Nouvelle-Zélande…

Lundi 19 décembre:
Les élections se sont visiblement bien passées et c’est le retour au calme. Les bus partent comme d’habitude donc de la gare de Potosi. Nous prenons le premier bus qui part. Là encore, le bus est en bon état. Rien à redire. En route, on prend un colporteur qui cherche à vendre une série de 3 petits bouquins pour améliorer son orthographe, sa présentation orale… Il fera tout un mini-cours de linguistique. A un moment, on pouvait même gagner la collection si on répondait correctement à une question. Dommage qu’on n’ait pas compris la question car vu les réponses, ça devait être dans nos cordes. 😉 Nous arrivons donc à Sucre, cherchons un moment notre hôtel: Quechua Inn. Lorsque nous arrivons, une jolie petite chambrette nous attend. Nous sommes là pour une semaine, alors nous avons le temps. Le soir nous faisons la rencontre fortuite d’un belge qui tient un snack. On n’a pas pu lui parler très longtemps, mais il nous à proposé de repasser un de ces jours, ce qu’on essayera de faire.

Mardi 20 décembre:
Le but premier de notre semaine à Sucre est de prendre quelques cours d’espagnol. Mes années de lycée commencent à remonter à loin et Laurent, lui, n’a jamais fait d’espagnol. Sucre a plein de petites écoles d’espagnol pour étrangers, la plupart enseignent en anglais. C’est pourquoi nous allons voir à l’alliance française d’abord pour voir s’ils ne font pas eux aussi des cours. Nous sommes bien reçus. Ils font effectivement des cours, vraiment pas chers en plus: 45 bol (~5€) de l’heure en cours particulier ou un forfait de 10h à 400 bol. Le seul problème est qu’ils ferment le 23 décembre pour ne reprendre que début janvier. Ils arriveront quand même à nous caser 10h de cours en 4 jours en commençant l’après-midi même. A 15h, nous avons donc déjà RDV pour nos 2 premières heures de cours. Nous sommes tous les deux très contents de nos cours même si c’est très intensif. Pour Laurent, c’est difficile car il s’agit de mémoriser beaucoup de choses en peu de temps. Après avoir gouté à des spécialités régionales (tarte/gâteau de quinoa à la viande et au fromage, et un “pique macho”, càd un mélange de bœuf, de saucisses, de frites, d’ognons et de tomates avec une sauce spéciale), nous passerons la soirée à faire nos devoirs.

Mercredi 21 décembre:
Et c’est reparti pour 3h de cours. A midi, nous allons manger quelques salteñas au marché et allons faire un tour au cimetière où les gens d’ici vont se promener. C’est assez joli mais ne valait peut-être pas l’heure d’attente. En effet, le cimetière ferme lui aussi pour l’heure du déjeuner. L’après-midi, nous rentrons faire nos devoirs en élèves studieux que nous sommes.

Jeudi 22 décembre:
Encore 3h de cours ce matin. L’après-midi, nous décidons de profiter un peu des musées de la ville. C’est une des rares villes de Bolivie où il y a des musées, alors on en profite. On cherche d’abord le musée d’art indigène. On trouve l’adresse mais quand on rentre dans la cour, on nous annonce qu’il n’existe plus. Apparemment, il a déménagé. Nous nous rabattons sur le MUSEF (Musée du folklore) où il y a une petite expositions de masques portés à l’occasion de diverses fêtes dans toute la Bolivie. Très jolie expo avec de très beaux masques. Le reste du musée semble être fermé.

Vendredi 23 décembre:
Et enfin, nos 2 dernières heures de cours! Après le cours, nous allons visiter “La casa de la libertad”, lieu où ont été signés les actes d’indépendances de la Bolivie mais aussi de l’Argentine. Il y a beaucoup d’information mais c’est difficile pour quelqu’un qui ne connait pas grand chose de l’histoire de l’Amérique du Sud de recoller les morceaux. L’après-midi, on se reposera de nos heures de cours à l’hôtel en regardant des épisodes de ‘How I met your mother’, ‘Rome’ et même un p’tit ‘Batman begins’.

Samedi 24 décembre:
Et voilà, c’est la veille de Noël: Grasse mat’ et bon petit déjeuner au programme. Pour noël, j’ai décidé d’écrire un post pour vous donner de nos nouvelles. Le voici donc! Pour les quelques jours qui manquent, j’essaierai de rattraper ça plus tard.
En attendant, on vous souhaite à toutes et tous un excellent Noël! On vous fait de gros bisous depuis la Bolivie. Et n’oubliez pas qu’on revient dans moins de 3 mois! alors à bientôt! :)

This entry was posted in Bolivie. Bookmark the permalink.

One Response to La Bolivie sucrée-salée

  1. Saveria says:

    Feliz Navidad ! Feliz cumpleano Laurent !
    Au repas de Noël on s’est beaucoup demandé comment se dit gambas en espagnol. Il paraît qu’en Amérique c’est “Camarones”. Lo sabeis vosotros ?
    Bon ano 2012 !

Leave a Reply